Adulte, Ma vie d'auteure

Chapitre 7 – Partie 1

Maître Vicure convoqua les garçons dans son bureau et leur annonça que pour les récompenser de leurs énormes progrès au cours de ces dernières semaines, il leur laissait une journée de relâche. Trop contents de cette liberté inattendue, les deux amis ne se firent pas prier et filèrent se préparer. Pendant qu’Elias allait s’occuper des chevaux, Akya rejoignit Hémera pour rassembler des vivres qu’ils mangeraient au bord de la rivière. Une fois prêts, les jeunes gens prirent la direction des cascades d’Alzec, non sans avoir reçu, encore, des recommandations de Maître Vicure, qui les incita fortement à rester sur leurs gardes. Le danger rôdait en permanence et ils ne devaient, sous aucun prétexte, relâcher leur surveillance. Au bout de deux heures, ils arrivèrent à une petite crique de galets au pied des chutes.

    — Et si nous nous entraînions un peu au combat avant de nous baigner ? proposa Elias.

    — C’est une blague ! s’exclama Akya, peu sûr d’avoir compris la demande de son ami. Pour une fois que Maître Vicure nous laisse tranquilles, tu veux encore travailler ?

    — Le danger nous guette de toutes parts et nous devons toujours rester sur le qui-vive. Je pense qu’il est important que nous nous entraînions tout le temps, qu’importe les circonstances.

    — Ce n’est pas faux ! D’accord, alors on s’entraîne une petite heure et après on se baigne.

    Après avoir combattu de façon acharnée, les garçons rangèrent leurs épées et se jetèrent à l’eau. Que c’était bon de se laisser aller dans une eau fraîche qui les lavait de la transpiration de l’entraînement. La rivière était magnifique, les rayons du soleil s’y reflétaient, lui donnant des reflets argentés. Les poissons ne semblaient nullement effrayés et venaient s’ébattre autour des jeunes garçons. Ils se mesuraient à la nage quand le cheval d’Akya émit un léger hennissement. Surpris de l’entendre, ils s’arrêtèrent net dans leur compétition et retournèrent silencieusement sur le rivage, tous les sens en éveil. Un mauvais pressentiment envahissait Akya. La forêt d’ordinaire si vivante était plongée dans un silence de mort. Seul le vent faisait bruisser légèrement les feuilles des arbres. Les garçons s’habillèrent rapidement et prirent leurs épées. Le sol se mit à trembler, le grondement sourd d’une cavalcade se rapprochait d’eux. Akya posa la main sur l’encolure de son cheval et lui murmura quelques mots à l’oreille pour l’apaiser. Ils remontèrent le sentier jusqu’au chemin qui était assez éloigné, ce qui leur permettait d’être à l’abri des regards. Ils s’accroupirent derrière un buisson. Une troupe d’une vingtaine d’Arcantes surgit sur leur droite. Le sang du Légendaire ne fit qu’un tour. Il banda tous ses muscles, prêt à bondir sur les monstres qui avaient assassiné son père. Son Protecteur posa une main sur son épaule pour l’apaiser et lui fit signe de se tenir tranquille. Akya bouillait de rage et serra très fort le pommeau de son épée au point que ses phalanges se mirent à blanchir. En un clin d’œil, il pouvait se métamorphoser et éliminer cette bande d’assassins. Mais Elias, comme s’il lisait dans ses pensées, d’un regard lui intima l’ordre de ne pas bouger. Les Arcantes s’éloignèrent dans un nuage de poussière soulevé par les sabots des chevaux. Une fois qu’ils eurent disparu, les garçons respirèrent de soulagement. Elias se tourna vers son ami :

    — Je me trompe ou tu avais l’intention de te métamorphoser.

    Akya soupira, mais ne répondit pas. Les garçons remontèrent sur leurs chevaux et prirent la direction de la maison. Ils devaient absolument prévenir Maître Vicure. Ce dernier informé partit en urgence pour la ville après avoir renforcé la barrière de sécurité autour de la demeure. Akya l’avait observé tendre les mains, les yeux fermés tout en psalmodiant une prière dans une langue qui lui était totalement inconnue. Des langues de feu avaient surgi des arbres et s’étaient regroupées en cercle autour du terrain avant de disparaître brusquement. Akya monta dans la bibliothèque prendre un livre sur l’histoire de l’empire Mornande. Il devait en apprendre plus sur le passé de son peuple pour comprendre le présent et mieux appréhender l’avenir. Il alla s’installer sur un gros rocher derrière la grange. C’était son refuge quand il voulait s’isoler et réfléchir tranquillement.

    Maître Vicure ne rentra de la ville que le lendemain dans le milieu de la matinée. Il avait le visage fermé et inquiet. Akya tenta de le questionner, mais ne put obtenir de réponse. La journée fut plutôt triste. Maître Vicure la passa enfermé dans son bureau, tandis que les garçons s’entraînaient au combat rapproché et à la magie. Le souper se passa dans le plus grand silence, sans la présence de Maître Vicure qui n’avait pas paru une seule fois de toute la journée. Akya ne tenant plus décida d’aller le voir avant de se coucher. Il frappa timidement à la porte du bureau.

    — Entrez !

    Akya poussa la porte et passa la tête par l’entrebâillement. Il vit Maître Vicure assis à sa table de travail en train d’écrire de façon nerveuse sur un parchemin.

    — Bonsoir Maître ! murmura le jeune garçon.

    — Bonsoir Akya ! répondit Maître Vicure sans lever la tête. Que me veux-tu ? Je n’ai pas beaucoup de temps à te consacrer ce soir.

    Le Légendaire inspira profondément et se jeta à l’eau :

    — Qu’avez-vous appris en ville ?

    Maître Vicure poussa un soupir, posa sa plume et invita le jeune garçon à prendre place sur la chaise en face de lui.

— Je ne comprends pas vraiment ce qui se passe, mais de nombreuses troupes d’Arcantes ont été vues sillonnant les routes de la contrée. D’après mes sources, il est fort possible que l’empereur ait découvert que tu te caches dans les montagnes.

    Une nouvelle fois, l’idée d’un traître traversa l’esprit d’Akya.

    — Mais comment l’empereur peut savoir que je suis le Légendaire ? Personne ne le sait à part nous !

    — Il n’est probablement au courant de rien encore. La personne qu’il recherche est le fils du comte Andréas de Tosgoube. Maintenant que ton père est mort, le titre de Grand Commandeur de la contrée de l’Adalle te revient par héritage et comme tu refuses de te soumettre à son autorité, tu es un obstacle. Tant que la contrée de l’Adalle ne lui sera pas soumise, il n’aura pas les pleins pouvoirs sur l’empire. C’est pour cela qu’il a lancé ses troupes à ta recherche. Il te veut mort !

    Maître Vicure ferma les yeux quelques minutes. Comprenant qu’il était en pleine réflexion, Akya n’osa pas le déranger. Il se leva, prêt à partir.

    — Une chose est sûre, tu n’es plus en sécurité ici, malgré la barrière de sécurité qui entoure le domaine et le cache aux yeux des Arcantes. Il va falloir que vous partiez pour l’île de Tassah !

    — Quand cela ?

    — Je n’en sais rien, mais le plus tôt sera le mieux ! En attendant, tu vas devoir continuer à t’entraîner d’arrache-pied au combat rapproché et à la magie. Mais pour l’heure, va dormir, il se fait tard. Demain matin, vous m’accompagnerez à l’endroit exact où vous avez vu les Arcantes.

    — Bien Maître.

    Avant d’aller se coucher, Akya passa dans la chambre de son ami, le mettre au courant du programme du lendemain. Une fois dans sa chambre, il mit du temps à trouver le sommeil. Il se posait beaucoup de questions sur l’île de Tassah, car malgré ses nombreuses recherches dans les livres d’histoire et de géographie, il n’a jamais lu aucun texte ou document y faisant référence. Au bout de longues minutes, la fatigue et l’inquiétude eurent le dernier mot et le Légendaire sombra dans le sommeil, sans avoir trouvé de réponses à ses questions.

Pour la suite des aventure de Akya, c’est par ici

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