Ma vie d'auteure, Adulte

Chapitre 6 – Partie 3

Bonjour les zouzous, voici la dernière partie du chapitre 6. Pour ceux et celles qui suivent mon roman, vous verrez qu’elle fait un lien avec la deuxième partie du chapitre 4… Mais je laisse le mystère entier, à vous de deviner… Bonne lecture les zouzous et surtout, n’hésitez pas à commenter 🙂

Les soldats de la garde impériale poussaient les gens devant eux en direction de la Grande Place. Hommes, femmes, enfants, vieillards, tout le monde s’y précipitait, plus pour éviter les coups des soldats que pour se repaître du futur spectacle. Au centre de la place, debout sur l’estrade à côté d’une immense croix horizontale, un homme annonçait l’exécution imminente d’un criminel accusé de viol. La foule s’amassait sur la place à contre-coeur. Personne n’avait vraiment envie de voir ce qui allait suivre. Tout à coup, des cris se firent entendre du côté de la Grande Avenue. Une voiture tirée par quatre chevaux lancés au galop traversa la foule sans se soucier de ceux qui se trouvaient sur son passage. Elle s’arrêta devant une estrade placée à quelques mètres de la croix de torture. Un garde impérial ouvrit la porte et l’empereur descendit le premier suivit de son fils, Sohrab. Le père et l’enfant allèrent s’installer sur deux fauteuils en bois disposés pour eux sur l’estrade. Ils furent très vite rejoints par Bock. Des gardes impériaux s’étaient disposés en faction autour des trois sièges afin de les protéger des quelques mauvais esprits.

D’une rue parallèle à la grande avenue, sortit une charrette tirée par un seule cheval. A son bord, le criminel qui devait être exécuté ainsi que deux soldats. Une plaie béante recouverte de sang coagulé sur le côté gauche du condamné indiquait la présence, encore récente, de son oreille. L’homme était blafard, les cheveux en bataille, la chemise et le pantalon sales et déchirés, témoignaient des heures cruelles passées au fond d’une cellule. Son destin était scellé et il savait qu’il ne pourrait y échapper. Il ne pouvait attendre le soutient de la foule, car le crime qu’il avait commis était impardonnable.

Les soldats aidèrent le criminel à descendre de la charrette et le poussèrent sans ménagement jusqu’à la grande croix. A la vue de l’engin de torture, les jambes du condamné se dérobèrent et il s’écroula sur le sol. Remis sur pied sans douceur, il lui fut ordonné de s’approcher de la croix. Il se tourna et regarda la foule, en quête de soutien. Mais les seuls regards qu’il croisât étaient chargé de haine, les visages fermés. Il poussa un soupir de résignation et s’approcha lentement de la croix. Quatre gardes le saisir par les bras et les jambes pour l’allonger. Après l’avoir attaché aux poignets et aux chevilles, ils s’éloignèrent et se placèrent à chaque coin de l’estrade. Le bourreau, dont le visage était masqué par à tête de vautour, s’approcha. Il se positionna de façon à tourner le dos au condamné et à faire face à l’empereur, attendant un signe de ce dernier pour commencer son œuvre. Le silence s’installa sur la Grande Place de Néhérizath. Le peuple, le souffle en suspens, le regard tourné vers Medrod, attendait le geste fatidique. L’empereur se leva lentement, saisi dans sa main droite le pommeau de son épée et la tira bien haut afin de s’assurer que tout le monde puisse voir le signal. Le bourreau s’inclina respectueusement et se tourna vers le condamné.

Attaché sur la croix, il regarda le ciel et adressa une prière à la déesse Terras, sachant parfaitement qu’il n’avait rien non plus à attendre de celle-ci. Mais il avait l’impression que cette dernière supplique lui donnerait le courage d’affronter son destin. Le bourreau s’approcha de lui pour attacher un foulard autour de ses yeux :

– Non, je vous en prie, ne faites pas ça ! Je veux voir la mort en face quand elle viendra me prendre.

Le bourreau, surpris par une telle demande car d’ordinaire, les condamnés ne voulaient pas voir la mort arriver, se tourna vers l’empereur qui approuva :

– Soit ! Accordons-lui cette dernière volonté !

Le bourreau hocha la tête et s’approcha du condamné :

– Bien, si c’est ce que tu souhaites !

– Il y a encore autre chose, murmura l’homme. Quelque chose de très important et l’empereur doit être mis au courant.

– Nous avons respecté ta dernière volonté, maintenant c’est fini. N’essaye pas de gagner du temps, tu dois être exécuté et tu le seras. Tu ne fais que reculer l’inévitable. Et si tu as peur de souffrir, il est trop tard pour les remords. Tu aurais dû réfléchir avant de violer cette jeune fille !

– Je n’ai pas peur, ni de souffrir, ni de mourir ! Mais l’empereur doit absolument savoir qui je suis !

Le bourreau poussa un soupir et s’approcha de Medrod, s’inclina et murmura quelques mots. Ce dernier se leva brusquement :

– Il suffit ! La seule chose que je dois savoir de cet homme est le crime qu’il a commis et la punition encourus selon les lois en vigueur dans notre empire ! Va faire ton travail, bourreau !

Mais l’homme, dont la vie était en sursis, prit une profonde inspiration et dans un ultime élan de courage, se mit à clamer :

– Je m’appelle Oryk, fils bâtard de l’empereur Athias le Second. Bientôt ma descendance viendra en ce monde sous la protection de la déesse Terras. C’est dans le sang et la mort qu’il reprendra le trône lui revenant de droit. Il lèvera une armée, marchera sur Néhérizath et par le feu, détruira l’empereur Medrod, illégitime aux yeux des Dieux…

Il n’eut pas le temps de finir, que le bourreau assena un puissant coup de bâton sur son torse. Le condamné hurla, il avait senti plusieurs de ses côtes se briser sous l’impact du coup. Un enfant terrorisé fit écho au hurlement de douleur. Le silence se fit dans la foule, encore sous le choc des révélations du fils bâtard de leur empereur bien-aimé. La Grande Bataille n’était donc pas une légende, elle aurait bien lieu. Dans dix ans, quinze ans, qu’importe ! Le tyran ne resterait pas éternellement sur ce trône. Le peuple Mornande sera sauvé ! Mais les hurlements du fils bâtard de Athias, eurent raison de la foule. Oubliant leur future liberté, plusieurs se bouchèrent les oreilles, pour ne plus entendre cette souffrance. Le bourreau abattait sans répit son bâton sur le corps de ce malheureux, brisant tous ses os un par un. Solidement attaché sur la croix, Oryk ne pouvait pas les éviter. Mais malgré la souffrance, il se sentait soulagé d’avoir annoncé au peuple la venue d’un sauveur. Il s’était libéré d’un poids qui l’avait rongé toutes ces années passées à torturer les malheureux prisonniers dans les geôles du palais.

L’estrade se teintait de rouge, l’odeur âcre du sang envahissait la Grande Place. Alors que l’empereur, un sourire carnassier aux lèvres, se repaissait de la souffrance du condamné, certains spectateurs se mirent à vomir. Quelques femmes tentèrent de quitter les lieux avec leurs enfants pleurant devant un tel déchaînement de violence. Mais les gardes les bloquaient à l’entrée des rues, les obligeant ainsi à retourner assister à la mise à mort. La voix du bâtard, dans un dernier cri de souffrance, s’éleva au-dessus du brouhaha de la foule qui tentait de fuir la scène par tous les moyens :

– Pardon, Père !

Le regard fixé vers le ciel, les pupilles se figèrent, les poumons s’affaissèrent, Oryk venait de rendre son dernier soupir. Pour s’assurer que c’était bel et bien fini, le bourreau abattit une dernière fois son bâton sur le torse du cadavre, mais l’absence de mouvement et de cris confirma que la vie avait quitté son enveloppe charnelle. Le médecin du palais s’approcha de la croix et annonça la mort de Oryk, fils de l’empereur Athias le Second. Medrod le Premier se leva, s’approcha de Bock et murmura, la haine dans la voix :

– Retrouvez rapidement cette jeune fille et faites ce que vous voulez, mais son enfant ne devra jamais voir le jour. Je ne tolérerais aucune excuse en cas d’échec. Si vous voyez ce que je veux dire !

Bock hocha la tête, monta sur son cheval et quitta au galop la Grande Place en direction de la Grande Porte. Il devait vite rejoindre le camp d’entraînement d’Arcania. Il enrôlera les meilleurs Arcantes pour remplir cette mission, sa vie en dépendait. Le sous-entendu de l’empereur était sans équivoque, si jamais il échouait, il finirait comme gibier de potence. Rien que d’y penser, un frisson lui parcourut l’échine. Mais l’image de Mélaina apparut devant ses yeux, le faisant sourire. C’est pour elle qu’il réussira. C’est pour elle qu’il tuera cette jeune fille et son enfant.

La première partie du chapitre 7, c’est par

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