Adulte, Ma vie d'auteure

Chapitre 5 – Partie 2

Quand la porte du temple s’ouvrit, un rayon de soleil vint frapper le corps inerte du jeune garçon. Maître Vicure se précipita, tandis que Elias, pétrifié de terreur, n’osait passer le seuil du bâtiment. Il ne pouvait imaginer une seule seconde que son ami était mort. Le vieillard se pencha sur le corps d’Akya, guettant le moindre signe de vie. Voyant sa poitrine se soulever régulièrement, il poussa un soupir de soulagement et appela Elias :

— Il est vivant ! Viens m’aider, nous allons l’emmener jusque dans la maison.

    Rassuré, Elias s’avança. Le saisissant chacun par un bras, ils le portèrent jusqu’à la banquette devant l’âtre de la grande salle. Maintenant, ils devaient attendre qu’Akya reprenne connaissance. Après plusieurs minutes qui leur semblèrent une éternité, le Légendaire ouvrit doucement les paupières. Hémera, la gouvernante de Maître Vicure, se précipita avec un bol de soupe, mais le jeune garçon le repoussa gentiment. Puis s’asseyant lentement sur la banquette, il regarda le vieil homme. Personne n’osait rompre le silence, attendant avec angoisse que le jeune garçon s’exprime. Mais sans un mot, il se leva lentement et s’approcha de la cheminée pour y titiller les flammèches. Puis soudain, il lâcha :

— Vous saviez pour mon père ?

    Maître Vicure, comprenant que c’était à lui que le Légendaire s’adressait, il s’approcha :

— Je suis sincèrement désolé, mon garçon, murmura-t-il. J’ai reçu une lettre de ton père la veille du rituel. Mais j’ai estimé qu’il était trop tôt pour t’en parler.

    Akya se tourna vers lui et calmement ordonna :

— Je veux la lire maintenant !

    C’est en silence que Maître Vicure obtempéra et se dirigea vers son bureau. Pendant ce temps, Akya avala d’une traite le bol de soupe. Elle était délicieuse et il devait bien reconnaître qu’il avait une faim de loup. Le Maître revint avec un parchemin scellé. Il le tendit au jeune garçon qui reconnut aussitôt le sceau de son père ainsi que son écriture. C’est la main tremblante qu’il la décacheta soigneusement :

    Mon cher enfant,

Si tu lis cette lettre, cela veut dire que je ne suis plus de ce monde. Je l’ai envoyé à Maître Vicure en lui demandant de te la transmettre le moment venu.

Il est temps maintenant que tu saches la vérité. Ta naissance fut un grand évènement, aussi magnifique que terrible. C’est par une nuit de Lune de Sang que tu es venu parmi nous. La tâche en forme de lune pleine sur ta cuisse ne laissait aucun doute sur ta destinée. Tu as été choisi par la déesse Terras pour sauver l’empire Mornande. Tu es le Légendaire ! Nous t’avons toujours caché la vérité par peur que l’empereur Medrod l’apprenne et te fasse assassiner. Par plus de prudence, la femme qui t’a fait naître, Hémera, fut envoyée chez Maître Vicure. 

Lorsque Medrod a pris le pouvoir, il ne s’est pas contenté de faire exécuter Athias le Second, mais il a aussi fait assassiner l’impératrice et leur fils, Crius. Athias a eu un bâtard avec une servante mais Medrod n’a jamais réussi à mettre la main dessus. Il reste une grande menace pour la pérennité de son règne.

Mon fils, tu vas devoir fédérer une armée pour combattre Medrod et asseoir le bâtard d’Athias sur le trône, car il est, aujourd’hui, l’héritier légitime de l’empire Mornande.

Ta tâche ne sera pas facile, Medrod est un homme puissant et certains des empires qui nous entourent le soutiennent.

Maître Vicure devra t’initier à la magie, c’est le seul moyen qui te permettra de le vaincre. Écoute-le, car c’est un homme sage. Quand il t’estimera prêt, tu partiras avec Elias pour l’île de Tassah où une armée de plus de trois cent mille hommes t’attend. Ils s’entraînent sans relâche depuis des années pour la Grande Bataille. Leur reine est une de mes amies, elle m’a sauvé la vie il y a bien longtemps de cela. Avec cette armée, tu commenceras par reprendre la contrée de l’Adalle et fédérer les Grands Commandeurs à ta cause, car je crains qu’ils ne ploient le genou devant le tyran. Une fois que tu auras repris le château de Tosgoube, tu rallieras les autres empires à ta cause et seulement à ce moment-là, tu pourras déclencher la Grande Bataille.

Que la déesse Mère te bénisse,

Ton père.

    Akya leva ses yeux remplis de larmes vers Maître Vicure. Ce dernier s’approcha et prit le jeune garçon dans ses bras, le laissant pleurer sa douleur.

— Je n’y arriverai jamais ! sanglota le Légendaire

— Aie confiance, mon garçon ! Aie confiance ! murmura le vieil homme à son oreille. Tu n’es pas seul et tu pourras toujours compter sur Elias, ton Protecteur.

    Le silence s’installa dans la maison pendant quelques minutes. C’est Hémera qui le rompit la première en murmurant :

— Pauvre petit ! Ce n’est pas une vie tout ça ! Je vais aller te préparer un bon bain chaud, cela te fera le plus grand bien.

    Akya se dégagea des bras de Maître Vicure et esquissa un sourire en direction de Hémera pour lui faire comprendre qu’il appréciait son intention. Alors que la gouvernante se dirigeait vers la salle de bain, Maître Vicure partit s’enfermer dans son bureau, prétextant un travail urgent à faire. Les deux jeunes amis se retrouvèrent enfin seuls.

— Akya, que s’est-il passé dans le temple ? murmura Elias.

    Akya, qui s’était perdu dans les flammes dansantes du foyer, leva les yeux vers son ami. Soudain, une douleur folle lui transperça l’estomac et il fut pris de nausées. Elias l’aida à s’asseoir sur la banquette et attendit patiemment qu’il se calme :

— Respire, profondément et en douceur !

Petit à petit, les nausées disparurent et Akya s’apaisa. Après une profonde inspiration, il lâcha :

— Le château de Tosgoube est tombé entre les mains de l’empereur ! Mon père est mort et ma mère, ainsi que mon frère ont été enlevés par les Arcantes ! Je ne sais pas où ils sont !

    En prononçant ces derniers mots, Akya sentit sa gorge se nouer et les larmes envahir ses yeux. Il se força à gérer son émotion. Il ne pouvait pas pleurer. Ce n’était plus possible ! Maintenant qu’il était le Légendaire, il devait s’endurcir. Elias passa un bras autour de ses épaules :

— Nous les retrouverons, je t’en fais la promesse. Et quand bien même, il nous faudrait mettre l’empire à feu et à sang, nous n’abandonnerons jamais ! Nous sommes liés par un même destin. Toi, le Légendaire, moi, ton Protecteur ! Seule la mort pourra nous séparer !

    Akya fronça les sourcils et regarda son ami droit dans les yeux :

— Tu savais que j’étais le Légendaire ?

— Non, je te le promets ! Je n’avais pas le droit de le savoir, tant que la déesse Terras ne l’avait pas solennellement désigné. Je pensais comme toi que nous devions tous les deux partir à sa recherche. Non, crois-moi, j’étais loin de me douter, que Akya de Tosgoube fils du comte Andréas de Tosgoube, Grand Commandeur de la contrée de l’Adalle, était le Légendaire !

    Le Légendaire plaça sa main droite sur son cœur et sans lâcher le regard de son ami :

— À la vie, à la mort !

— À la vie, à la mort ! répliqua le Protecteur en mettant lui aussi la main sur son cœur.     Les deux garçons se donnèrent une accolade, scellant à tout jamais leur amitié.

Chapitre 5 – Partie 3

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